Lors d'une audience au tribunal de Libreville

Affaire Yolande Nyonda contre le journal « Faits Divers » : Le parquet a requis 6 mois de prison contre Jonas Moulenda

Libreville, Jeudi 23 Juin 2016 (Infos Gabon) – Le procès de Jonas Moulenda, rédacteur en chef du journal Faits Divers, accusé d’avoir diffamé Mme Yolande Nyonda, s’est tenu vendredi au Tribunal de première instance de Libreville. Le prévenu, qui séjourne en France, s’est fait représenté par son avocat Me Mbourou-Y-Djako. Le parquet a demandé au tribunal de condamner le journaliste à 6 mois de prison avec sursis et 500 000 FCFA d’amendes.

Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville a requis 6 mois d’emprisonnement avec sursis et 500 000 FCFA d’amendes contre le journaliste Jonas Moulenda, vendredi lors d’une audience dans l’affaire qui l’oppose à Mme Yolande Nyonda, diffamée dans un article de presse.

Dans sa livraison du 22 avril 2016, l’hebdomadaire « Faits Divers » a relaté l’assassinat à Fougamou (La Ngounié) dans la nuit du 9 au 10 avril 2016 du jeune élève Etienne Malata Doumambila par trois (3) individus. Et pourtant, le jeune homme est normalement porté disparu. Dans cet article paru à la Une qui semble aujourd’hui orienté, Yolande Nyonda a été citée comme commanditaire dudit crime, au grand étonnement de sa famille et d’autres gabonais qui connaissent cette dame.

Devant ces allégations grotesques et non fondées, Mme nyonda a décidé d’ester en justice Jonas Moulenda, l’auteur de l’article diffamatoire et rédacteur en chef du journal « Fais divers », pour à la fois laver son honneur souillé par cet article de presse, et sur surtout rétablir la vérité dans cette affaire aux allures d’un complot politique ourdi contre elle par certaines personnes de mauvaise foi. Et le tribunal a inscrit l’affaire au rôle pénal du vendredi 17 juin 2016.

Après un petit résumé de la plaignante, le collectif de ses avocats composé de Me Bongho Mavoungou, Me Akoumbou M’Olouna, Me Ndimine, avocats au Barreau du Gabon, et Me François Pudowski, avocat au Barreau de Paris, a pris la parole pour démonter ce que Mme Nyonda reproche au journal «Faits Divers» et surtout au rédacteur de l’article, Jonas Moulenda, qui selon eux, a accusé leur cliente sans preuves. Ils ont dit tout ce que subit la dame comme traumatisme et déshonneur à travers cet article.

« Nous avons recherché que la vérité éclate, et la vérité, on l’a vue. Jonas par l’intermédiaire de son avocat, n’a pas apporté la preuve de ce que Mme Nyonda serait l’instigateur du crime dit rituel, ils n’ont pas pu prouver, ils ont même dit que ce n’est pas elle puisqu’ils sont rentrés en transaction avec nous. Donc de ce point de vue, Mme Nyonda doit être considéré blanche comme neige, elle n’est ni de près ni de loin trempée dans cette histoire dite de crime rituel qui a eu lieu à Fougamou », a indiqué Me Jean-Pierre Akumbu M’Uluma.

Les avocats ont également rappelé certains principes qui doivent guider les professionnels de la presse.

« Le code de la communication a non seulement prévu mais il a encadré cette fonction de journalisme en insistant sur le caractère objectif du rôle de journaliste dans ce qu’il fait, au lieu de livrer aux lecteurs que nous sommes, les informations erronées, il doit objectivement dire ce qui reflète la vérité et de se rassurer que ce qu’il livre comme information est le reflet de la vérité, même s’il n’est pas obligé de livrer ses sources au moins, il a l’obligation de vérifier la véracité de ses informations », a expliqué Me Ndimine, avant de demander l’application de la loi et 50 millions à titre de dommages et intérêts.

L’avocat de la partie adverse, Me Mbourou-Y-Djako, n’a pu apporter de preuves pour contredire la plaignante. Il a même précisé devant les juges que Mme Nyonda n’avait pas besoin d’un procès en diffamation par voie de presse, il lui suffisait simplement d’un droit de réponse. Sentant l’étau se resserrer autour de son client, l’avocat tout en reconnaissant que Mme Yolande Nyonda est une « femme politique, une technocrate de haut vol, une personnalité publique et une femme respectable », a plaidé pour la clémence du tribunal.

Après avoir écouté toutes les parties, le procureur de la république a requis une peine de 6 mois de prison avec sursis et une amende de 500 000 F CFA contre le journal « Faits Divers». Le tribunal a mis l’affaire en délibéré à l’audience de vacation.

Ce n’est pas fini pour Jonas Moulenda, qui, depuis la France où il se trouve, ferait preuve de mauvaise foi. Il a relayé ces faits sur sa page facebook et publié une vidéo. Yolande Nyonda a déposé une autre plainte en France contre lui.

« Le procès en France va avoir lieu le vendredi 24 juin prochain. Nous avons choisi la voie la plus rapide, le référé civil. Ce qui nous intéresse plus c’est d’obtenir du tribunal la demande à Jonas Moulenda de publication sur sa page facebook de l’extrait de la décision du tribunal le condamnant », a déclaré Me François Pudowski.

Et d’ajouter : « En France, il y a deux procès différents. Le procès en France concerne les deux postes que Jonas Moulenda a mis en ligne sur sa page Facebook. Premièrement, le fait qu’il ait mis en ligne une vidéo pour dire +voilà la vidéo de celui qui accuse Mme Nyonda+ ».

Le deuxième procès, « c’est parce que quand l’huissier de justice cherchait Jonas Moulenda en France pour lui délivrer l’assignation, M. Moulenda a publié un autre post sur sa page facebook pour dire « Mme Nyonda me recherche pour m’éliminer», « Elle a embauché des sbires à Paris pour m’éliminer». Donc, dans ce post il accuse Mme Nyonda implicitement de tentative d’assassinat. Cette deuxième procédure n’a rien à voir avec la procédure au Gabon, mais elle est là ».

FIN/INFOSGABON/PM/2016

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