Gabon : Les ordures à la Mairie de Libreville ?

Libreville, 29 Mars 2011 (Infos Gabon) – Des tonnes de ferraille constituent le principal décor du bureau de celui qui voulait à tous prix – se pliant en quatre aux...

Libreville, 29 Mars 2011 (Infos Gabon) – Des tonnes de ferraille constituent le principal décor du bureau de celui qui voulait à tous prix – se pliant en quatre aux pieds d’Omar Bongo Ondimba – être Maire de la capitale du Gabon.

Le Maire de la Commune de Libreville, Jean François Ntoutoume Emane, croupit sous les ordures, depuis son arrivée à l’Hôtel de ville de la capitale. Le moins qu’on puisse dire est que le maire n’a jusque là pas encore réussi à régler le problème de l’insalubrité à partir de son lieu de travail. Et les agents de la municipalité, tout comme les citoyens administrés se demandent comment une mairie peut se transformer en fourrière et être maintenue dans cet état, sans que le premier responsable s’en émeuve.

Tout ce qu’on peut remarquer aujourd’hui c’est l’empressement du maire à créer des taxes à n’en point finir, tournant ainsi le dos aux vrais problèmes de la ville. Au nombre desquels, l’insécurité et les ordures. Alors que la décharge de Mindoubé attend d’être déclassée, ne pouvant plus contenir les ordures ménagères. La Sovog, concessionnaire de la décharge, roule sur le même or, avec sa convention floue. On peut conclure, que si pour le citoyen ordinaire, ce sont des ordures, pour le maire Ntoutoume Emane, c’est de l’OR DUR. Car toutes ces épaves de véhicules sont en attente d’être retirées par les propriétaires, moyennant une amende. L’amende, elle, commence par 24 000 F cfa et grimpe plus haut en fonction du temps mis par l’épave, ce qu’affirment des sources proches du service contentieux.

Or, ces épaves se comptent par milliers. L’épave vaut de l’or. Dépassé ces délais ces épaves seront jetées à la fourrière. Une belle blague. Quelle fourrière en dehors de l’Hôtel de ville, se demandent les agents en grève depuis un moment. De l’autre côté, un commerce de type nouveau s’est développé à Libreville, celui de la vente de la ferraille, tirée essentiellement des engins et des véhicules.

Ce commerce est détenu par les indiens, qui achètent tout l’aluminium et le fer des épaves de véhicules, selon un acheteur indien, installé dans le secteur depuis deux ans. En attendant 2012, date du renouvellement du conseil municipal de Libreville, Jackie Mille diplômes, comme l’appèlent ses intimes, a le temps  de se faire de l’or, grâce à ses ordures. Depuis trois ans, le Pnud avait engagé un programme de pré collecte d’ordures dans les quartiers sous intégrés, en partenariat avec la Mairie de Libreville et les ONGs oeuvrant dans l’environnement.

La Sovog, n’intervenait dans ce programme qu’en collecte finale, et s’engageait à fournir les bacs. Montant des versements annuels du Pnud, 300 millions de francs. Pendant trois ans, la mairie bien qu’ayant choisi les ONGs à sa solde, n’a rien fait avec cet argent.  Le Pnud a jugé utile de suspendre le programme, dans l’attente du paiement par l’Etat de sa quôte part, évaluée à 100 millions de francs. Aux dernières nouvelles, les services financiers de la mairie reconnaissent que l’Etat a bien versé sa quôte part, lors du cinquantenaire de l’indépendance, mais les mêmes services ignorent la destination prise par cette somme. A Lalala, fief politique de Jackie, on parle plus de ses diplômes que de la salubrité de la ville. A cette allure, on voit bien que l’émergence est encore loin de la porte de notre capitale.

Par Jean Bokolo

FIN/INFOSGABON/JB/2011     Source:     Croissance Saine Environnement

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